Statue de Charlotte CORDAY

Statue de Charlotte CORDAY

Il s’agit d’une commande privée. La sculpture sera installée au printemps en Auvergne, dans un lieu non accessible au public.

La statue est une création. Elle a été sculptée en taille directe dans un calcaire semi-ferme. 

J’ai étudié un peu la courte (malheureusement) biographie de Charlotte CORDAY et j’ai souhaité mettre en avant plusieurs aspects de sa personnalité. On ne peut la réduire au simple assassinat de Marat. La posture est déterminée, le pied droit est incliné et le corps est tendu vers l’arrière de façon dynamique. On ne sait si elle se protège ou si elle va bondir. Elle tient dans sa main droite un livre, symbole de sa culture (elle avait reçu une éducation solide et était même une parente éloignée de Pierre CORNEILLE). La position du corps est désaxée, ce qui permet d’offrir à la statue de multiples points de vue intéressants. Le visage est très déterminé et dévoile un portrait plein de fougue et de tempérament. Le bras gauche est en retrait, comme caché, et pour cause, elle dissimule son poing fermé. Tout comme elle a berné les personnes qui étaient chargées de surveiller Marat, elle cache son jeu et camoufle son énergie combattive.  J’ai souhaité la montrer comme une femme cultivée, courageuse et au fort caractère.  Je cite un passage de sa biographie :

Un de ses parents, Frédéric de Corday, racontera plus tard : « Charlotte avait le feu sacré de l’indépendance, ses idées étaient arrêtées et absolues. Elle ne faisait que ce qu’elle voulait. On ne pouvait pas la contrarier, ceci était inutile, elle n’avait jamais de doutes, jamais d’incertitudes. Son parti une fois pris, elle n’admettait plus de contradiction. Son oncle, le pauvre abbé de Corday m’en a parlé dans les mêmes termes, comme d’une personne qui avait un caractère d’homme. Elle avait, en outre un esprit assez railleur, assez moqueur… Elle était susceptible de sentiments nobles et élevés, de beaux mouvements. Avec l’énergie dont elle était douée, elle s’imposait et n’en faisait jamais qu’à sa tête. Quoique dans la famille les femmes soient toutes énergiques, il n’y en avait pas qui eussent un caractère aussi décidé, aussi capable. Si elle eût commandé un régiment, elle l’eût bien mené, cela se devine9. »

J’ai souhaité qu’elle soit dynamique mais aussi élégante, dans sa posture, dans ses traits et dans sa tenue vestimentaire. Le travail de drapé, la coiffe et la chevelure vont dans ce sens et souligne sa grâce.  J’ai préféré laisser de côté le symbole du couteau, trop agressif à mon goût et qui aurait orienté la lumière uniquement sur le fait divers.